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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 21:36

Après avoir précisé dans une introduction le statut de la notion de décroissance, S. Latouche évoque les raisons de la nécessité du choix d’une société de décroissance - « la décroissance, pourquoi ? » - puis il identifie les « étapes » à franchir qui nous y mèneront – « la décroissance, comment ? » -, avant de clore son ouvrage par une réflexion sur la pédagogie des catastrophes. Reprenons brièvement chacun de ces points.

La décroissance, un slogan

Qu’est-ce que la décroissance ? A vrai dire, on n’en trouve pas de définition précise, car « la décroissance n’est pas un concept […] mais un slogan politique » [p. 16], « une bannière derrière laquelle se regroupent ceux qui ont procédé à une critique radicale du développement et qui veulent dessiner les contours d’un projet alternatif pour une politique de l’après-développement » [p. 17].

La décroissance, pourquoi ?

« Pourquoi la décroissance ? Parce que la société de croissance – « définie comme une société dominée par une économie de croissance et qui tend à s’y laisser absorber » [p. 38] - n’est pas tenable, pour la simple raison, évoquée à plusieurs reprises dans l’ouvrage, qu ‘« une croissance infinie dans un monde fini » [p. 23, p. 140, 4e de couv.] n’est pas possible.

Le lecteur est d’abord plongé dans « l’enfer de la croissance ». On nous dit ainsi que « si nous n’agissons pas très vite et très fort, c’est la mort par asphyxie qui nous attend bientôt » [p. 45]. Avant de mourir asphyxiés, les quelques années qui nous restent à vivre dans la « société de croissance » ont de quoi effrayer : explosion des inégalités – à l’échelle de la planète, « le 1% le plus riche gagne autant que les 40% les plus pauvres » -, bien être illusoire pour les perdants – on nous rappelle ainsi que nous autres Français sommes les champions du monde de la consommation d’anti-dépresseur – mais aussi pour les supposés gagnants - « croissance du stress, de l’insomnie, des troubles psychosomatiques, de maladies de toutes sortes (cancers, crises cardiaques, allergies diverses, obésité, cirrhoses du foie, diabète…) » [p. 63]. C’est clair, face à ce constat, on n’a qu’une seule envie : sortir de cet enfer !

Mais encore faut-il ne pas emprunter de fausses routes ! nous avertit juste après S. Latouche : on ne pourra pas s’en sortir en s’appuyant les « indicateurs alternatifs » au PIB – IDH, GPI, ISS, PID, IBED etc. – qui « reflètent plutôt les valeurs dominantes du capitalisme contemporains » [p. 82], alors qu’il s’agirait de s’en émanciper, au premier rang desquelles, sans doute, l’idée que le bonheur est mesurable quantitativement [p. 85]. Tous les maux issus de la croissance sur lesquels il a pointé précédemment sont des « disvaleurs », nous dit S. Latouche en s’inspirant d’Ivan Illich, des « perte[s] […] qui ne [sauraient] s’estimer en termes économiques » [p. 73]. S’appuyer sur ces indicateurs pour corriger les méfaits de la croissance revient à « penser la sortie de l’économie en des termes économiques » [p. 90], ou encore, à se tirer une balle dans le pied, déjà bien gangrené ! Non, ce qu’il faut, c’est « commencer par changer les valeurs et d’en tirer les conséquences pour les concepts » [p. 91].

Mais avec quelle(s) valeur(s) faut-il rompre, et pour quelle(s) autre(s) ? Ce qui ne va pas, au fond, c’est l’hubris, la démesure, l’absence de limite à l’accumulation des richesses et du pouvoir, dont il est question très tôt : « L’hubris, la démesure du maître et possesseur de la nature, a pris la place de l’antique sagesse qui consistait à s’insérer dans un environnement exploité de façon raisonnée » [p. 44]. L’hubris - cette « démesure propre à l’homme occidental » [p. 61] - prend la forme d’une « croissance illimitée du PIB » [p. 97], d’une recherche de la croissance économique pour elle-même. Ce qu’il faut, ce n’est donc pas la récession, une croissance négative, un retour à l’âge de pierre, mais simplement « retrouver le sens de la limite » [p. 101]. Mais là aussi, il ne faut pas faire fausse route.

On s’égarerait à faire le choix de la « simplicité volontaire » telle qu’elle peut être prônée aux Etats-Unis et au Canada, qui encourage à travailler, produire, dépenser et consommer moins « en réaction à l’ultraconsumérisme » [p. 101]. Cette voie présente en fait trois défauts. D’abord, elle risque fort de ne pas être efficace, faute de pouvoir être généralisée. « Cet appel à la simplicité volontaire, à la frugalité, à l’économie économe, est fort sympathique, mais il a toute les chances de rester un vœu pieux, sachant qu’il faudrait que ce comportement se généralise à toute la société pour être efficace » [p. 104]. En fait, la voie de la simplicité volontaire est d’autant moins efficace qu’« elle se heurte à la toxidépendance de la drogue consumériste » [p. 105]. Par ailleurs, elle peut glisser dans « un intégrisme ascétique à résonance mystique qui n’est pas absent dans les rangs des “décroissants” » [p. 105]. Enfin, elle peut tomber dans le piège de « l’effet rebond », qui désigne le report possible de la consommation sur d’autres produits [p. 105], compte tenu des économies réalisées. A la simplicité volontaire, S. Latouche préfère l’autoproduction [p. 108], mais il reconnaît lui-même que cela ne permet pas d’échapper à l’effet rebond, toujours possible [p. 109]. D’où son insistance sur « le changement d’imaginaire » que requiert la décroissance. S’il veut bien reconnaître qu’il ne se décide pas, il souligne qu’il « résulte de multiples changements de mentalités qui sont en partie préparés par la propagande et par l’exemple » [p. 110]. Bref, S. Latouche retient « deux voies individuelles pour décroître : la première, consommer moins, c’est la sobriété ; la seconde, autoproduire et échanger selon la logique du don » [p. 111] qui a sa préférence, même si plus loin il écrit que « c’est une nouvelle culture qu’il nous faut inventer, dont l’un des piliers sera la sobriété » [p. 214]. C’est qu’en fait le choix éthique de la sobriété est nécessaire, mais il n’est pas suffisant : « Pour retrouver le sens de la mesure, écrit-il, il importe d’articuler cette éthique de la décroissance volontaire avec [un] projet politique d’ensemble » [p. 111], qu’il précise dans sa deuxième partie, La décroissance comment ?

Puis, vient un véritable réquisitoire contre une vraie fausse voie : le développement durable, soutenable etc., qu’ils soit défendu par les « réalistes », promoteurs d’un capitalisme éco-compatible encore appelé « éco-capitalisme » ; par « les humanistes » (altermondialistes) qui ambitionnent de concilier bien être et développement (Passet, Cassen, Plihon sont cités) ; ou encore par les partisans d’une « croissance verte » (Brown, Lipietz). Le développement durable : un « oxymore », rien de plus pour S. Latouche, aucun développement imaginé reposer sur la croissance ne pouvant être durable. Le problème, c’est qu’« en accolant un, deux, trois ou quatre épithètes au concept de développement, on ne remet pas vraiment pour autant en question l’accumulation capitaliste » écrit S. Latouche [p. 125]. Parmi les tenants du développement épinglés par S. Latouche, on notera A. Caillé, qu’il renvoie à sa propre critique de l’hubris, incomptatible avec la position « développementiste » qu’il lui fait tenir. Outre qu’il est un concept « plastique » [p. 132], « fourre-tout », le développement est en outre un concept « génétiquement » occidentalo-centré, il contient l’ hubris, du seul fait qu’il implique une absence de limite. Il n’est jamais dit développement de quoi, pour qui et pour quoi, mais jamais non plus jusqu’où. Un développement infini dans un monde fini n’a pas plus de sens qu’une croissance infinie » [p. 133].

Cette première partie s’achève avec un plaidoyer pour une décroissance démographique qui devra se faire « en douceur » [p. 144]. En fait la terre serait déjà surpeuplée « si tout le monde devait consommer comme un Américain » [p. 144].

La décroissance comment ?

[...]

« Le bonheur de l’homme, écrit-il plus loin, n’est pas de vivre beaucoup, mais de vivre bien » [p. 180]. Par la suite, S. Latouche s’emploie à nous mettre sur le chemin du bonheur promis par la société de décroissance. Un chemin qui prend la forme d’un « programme radical » pour une « décroissance sereine, conviviale et soutenable » [p. 153], et qui se décline en 8 « R » (voire plus) : réévaluer, reconceptualiser, restructurer, redistribuer, relocaliser, réduire, réutiliser, recycler. Le « RE » s’enchaînent ainsi au fil des chapitres.

---->> A défaut de lire l'original, la suite de cette analyse sur

http://www.journaldumauss.net/?Le-pari-de-la-decroissance

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