environnement biodiversité Nature St Médard en Jalles Tracé LGV : comment réinventer (?) 
la nature disparue! Des espaces naturels détruits réinventés ou "compensés"? - Le blog de naturjalles.over-blog.com
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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 19:09

Tracé LGV : comment réinventer 
la nature disparue écrit Jean-Denis Renard. dans Sud Ouest de ce jour!

L'auteur semble y croire...un coup de baguette "magique" grâce aux mesures compensatoires, on détruit et on remplace! Et le tour est joué...niant les interactions d'un écosystème...

 

Sur ce chantier hors normes, le concessionnaire a dû éviter, réduire et compenser les pertes de biodiversité. Une œuvre de longue haleine qui ne satisfait pas toutes les associations.

Un trait long de 340 kilomètres qui saigne prairies, forêts, cultures et marécages, des voies qui enjambent de multiples cours d’eau et qui délimitent désormais une frontière entre l’est et l’ouest. C’est aussi ça, la ligne à grande vitesse surgie dans le paysage entre Tours et Bordeaux.
L’impact environnemental est forcément important. « Une LGV, c’est beaucoup plus lourd qu’une autoroute même si l’emprise est plus étroite à l’arrivée. Un tel chantier mobilise 17 hectares au kilomètre », déplore Philippe Barbedienne, le directeur de la Sepanso, une association de protection de la nature basée à Bordeaux et affiliée à France Nature Environnement.

Des écosystèmes bouleversés

Chez Lisea, le concessionnaire de la LGV, on parle plutôt de 15 hectares au kilomètre dont une partie est rendue à l’agriculture ou au milieu naturel une fois les travaux terminés. Mais on n’y conteste pas que la construction de la ligne bouleverse les écosystèmes.

"On évite les dégâts si on le peut, on les réduit si on ne peut pas les éviter et on les compense quand ils sont avérés." 

« En termes d’obligations, on se réfère à trois principes : éviter, réduire et compenser. On évite les dégâts si on le peut, on les réduit si on ne peut pas les éviter et on les compense quand ils sont avérés. Un équipement obéit toujours à une logique de compromis. On impacte le moins possible mais une réalisation de cette ampleur ne peut pas être complètement neutre », plaide Thierry Charlemagne, le directeur de l’environnement et du développement durable de Lisea.

Des passages pour la faune

Quelles que soient les critiques et leur pertinence sur le déroulement du chantier, on doit concéder aux entreprises de BTP que les temps ont changé. Pour la conduite des terrassements comme pour la conception des ouvrages d’art, il y a un avant Grenelle de l’environnement (il y a dix ans) et un après. Dans la région, c’est le chantier de l’A65 Langon- Pau qui avait essuyé les plâtres.

La LGV Tours – Bordeaux rentre de plain-pied dans ce nouveau modèle. « La ligne comprend huit cents ouvrages pour le passage de la faune. En dessous pour les petits mammifères comme les belettes, les putois et les lièvres, au-dessus pour la grande faune. Nous avons porté une grande attention à ne pas “fermer” les cours d’eau en bâtissant des ponts. Des banquettes ont été ménagées de part et d’autre – sous forme d’encorbellements, par exemple – pour que les animaux puissent suivre les berges, même en cas de crue », détaille Thierry Charlemagne.

Préserver les rivières

Chez Lisea, on décrit aussi des ouvrages de franchissement plus longs que ceux qui étaient conçus il y a une vingtaine d’années. Ce qui permet de préserver le lit des rivières et de ne pas jeter le cours d’eau traversé dans une ombre qui effaroucherait les poissons.
Ces dispositifs ont un coût. On ne saura pas ce qu’ils pèsent dans les 7,8 milliards d’euros investis sur la ligne, Lisea se refuse à communiquer un chiffre. « Le surcoût n’a rien d’anecdotique mais il est gérable à partir du moment où les contraintes environnementales sont intégrées dès la phase de conception de la ligne », se contente de dire Thierry Charlemagne.

"Les contraintes environnementales sont intégrées dès la phase de conception de la ligne"

Une condamnation à Tours

Les associations se montrent nettement moins enthousiastes. Elles considèrent que les principes sont certes stricts, mais qu’ils ne sont pas forcément suivis d’effets. Juriste à France Nature Environnement, Anne Roques souligne que Cosea (chargé de la conception et de la réalisation de la ligne) a été condamné en septembre 2016 par le tribunal de police de Tours. Cosea n’avait pas respecté les règles relatives aux bassins de rétention des eaux, ce qui avait souillé des rivières.

« Il y a eu des infractions dûment constatées en plusieurs points du tracé. Il y a les discours et il y a la réalité du terrain. Sur le chantier, les équipes n’étaient pas au courant des règles censées s’appliquer », poursuit Anne Roques. Chez Lisea, on rétorque que sur des terrassements de plusieurs millions de mètres cubes, on s’approche difficilement du zéro défaut.

Compenser ce qui a été perdu

Sur le chapitre de la compensation pure, Lisea s’emploie à rassembler 3 500 hectares sur lesquels restaurer la biodiversité. Thierry Charlemagne cite deux actions entreprises, l’une au bénéfice de l’outarde canepetière (un oiseau des prairies) sur la partie nord de la LGV, l’autre pour le vison d’Europe sur sa partie sud, en Gironde notamment.

« On acquiert ou on conventionne des sites les plus sauvages possibles dans des fonds de vallée, avec l’objectif de les conserver en l’état ou de les rapprocher au plus près de leur état d’origine. On favorise ainsi le retour du vison et, dans son sillage, de tout un cortège d’espèces comme les loutres et les chauves-souris », indique le directeur de l’environnement de Lisea.

Un travail de longue haleine

Là encore, l’achat de terrains ou leur conventionnement auprès de propriétaires privés a un coût qui n’est pas révélé par Lisea. Quand elle signe une convention, l’entreprise rémunère le propriétaire pour qu’il cesse toute exploitation du foncier qui perturberait la faune. Les conventions varient de huit à vingt-cinq ans. « Nous nous engageons jusqu’au terme de la concession, en 2061. Ca fait partie de notre métier de concessionnaire. Mais trouver et conventionner des terrains est un travail de longue haleine. Nous avons à ce jour 2 250 hectares de mesures compensatoires validés par les services de l’État », révèle Thierry Charlemagne.

Pour les associations, les délais sont trop longs et le compte n’y est pas. Et, surtout, le problème de fond demeure. « Quand on supprime des zones humides intéressantes, les compensations ne compensent jamais tout à fait ce qui a été perdu », juge Philippe Barbedienne.

Une fondation pour la biodiversité

En parallèle à ses obligations légales pendant et après le chantier, Lisea a créé une fondation pour la biodiversité dotée de cinq millions d’euros pour la période 2012–2020. Elle participe au financement de projets ancrés dans les six départements traversés par la ligne. 104 dossiers portés par des associations, des établissements publics et des entreprises sont soutenus.
Ils sont parfois fort éloignés de la ligne ferroviaire et des atteintes à l’environnement qu’elle a provoquées. La fondation s’est ainsi engagée au côté de l’observatoire Pélagis (CNRS/Université de La Rochelle) pour l’étude du marsouin commun dans le bassin d’Arcachon. Autre exemple, elle verse son écot au programme de restauration de l’anguille d’Europe dans le marais de Moëze-Oléron, en Charente-Maritime.

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