environnement biodiversité Nature St Médard en Jalles Un livre: « Désastres urbains – Les villes meurent aussi », Thierry PAQUOT - Le blog de naturjalles.over-blog.com
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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 17:25

Thierry Paquot, philosophe de l’urbain, dénonce dans cet ouvrage cinq exemples représentatifs de ce que (selon lui et il va le démontrer) l’architecture peut produire de plus désastreux, alors qu’ils « se présentent comme des évidences de la modernité-monde en marche » : le grand ensemble (« ou l’ensemble sans ensemble »); le centre commercial (« ou le commerce sans échange »); le gratte-ciel (« ou l’impasse en hauteur »); la gated community (« ou la vie enclavée »); les grands projets (« ou la toxicité de la démesure »).

L’analyse, vivante et approfondie, s’exerce de manière transverse, car l’auteur l’illustre en faisant appel aussi bien à des exemples littéraires, aux recherches menées par des philosophes et des sociologues qu’aux commentaires d’architectes. Dans tous les cas, il explique que ces dispositifs aboutissent à l’enfermement et à l’assujettissement de l’individu, pour reprendre ses propres termes, tant ils s’intègrent dans une vision étroite de l’urbain, conditionnée par des paradigmes liés à une société figée dans un modèle capitaliste (« Après l’aliénation par le travail industriel […], il nous faut nous préoccuper de l’aliénation spatio-temporelle »).

Le grand ensemble :
« On s’y enferme ; on ne partage ensemble, avec ses voisins, que la nuisance sonore, les cages d’escaliers mal entretenues, les ascenseurs poussifs et régulièrement en panne, les espaces verts lépreux, les parkings anxiogènes, lesjeunes (en un seul mot) qui s’approprient le hall d’entrée, parlent fort, vident des bières, traficotent, se moquent des autres.
Le grand ensemble résulte d’un urbanisme de rupture et d’une architecture sans qualité. »
Il partait certes de bonnes intentions et répondait à une nécessité, mais dans sa conception même, ce sont les aspirations des habitants qui ont été négligées : « Ces aspirations – au silence, à la beauté, à la halte, à la familiarité, à la dignité, etc. – échappaient à l’économique et concouraient au déploiement de la singularité de chacun. »

Le centre commercial :
A l’origine, le shopping center américain était conçu pour offrir aux résidents des banlieues pavillonnaires l’accès à un mini centre-ville reconstitué favorisant l’échange. Ce concept initial a été totalement dévoyé et les centres commerciaux, de plus en plus monstrueux, parés le cas échéant des attributs d’une nature artificiellement reconstituée, sont devenus des espaces uniquement dédiés à la consommation.

Le gratte-ciel :
Historiquement datée, « La tour de bureaux semble, à terme, condamnée par les évolutions de l’organisation technique du travail qui résulte de la révolution numérique et des mutations du capitalisme ». […] « Si le gratte-ciel fut un symbole de la modernité, il se révèle à présent désuet et s’apparente à une sorte de rituel pour arrêter le temps et l’immobiliser dans un « âge d’or » du capitalisme sans contrainte énergétique ni environnementale. Il appartient à une autre époque et ce n’est certes pas un hasard si ce sont les pays du Golfe, l’Asie et la Russie qui s’en entichent, telle une revanche sur les pays qui les ont longtemps dominés et humiliés. Aux Etats-Unis ou dans la vieille Europe, leurs partisans sont de moins en moins nombreux, et c’est souvent par le biais des « partenariats public-privé » (« PPP ») qu’ils réussissent à en monter le financement. Une enquête systématique serait à mener sur ces « partenariats » pour savoir qui y gagne. »
« [ …] le gratte-ciel est énergivore et seule une société riche, et prête au gaspillage, en a les moyens. Au-delà, le problème se pose du recyclage et du démontage des gratte-ciel après usure et obsolescence. Est-ce même possible ? A quel prix ? ces structures insensées deviendront comme des blockaus dérisoires qui encombreront nos villes… ».
Au-delà de tous les arguments contre qu’on peut énumérer, l’auteur rappelle que l’essentiel se joue dans la conception sous-tendue de la ville :
« La ville de la « juste mesure » accueille le piéton, enchante ses sens, se prête à la déambulation, « labyrinthise » ses parcours, s’accorde aux vitrines, aux jardinets, aux jeux des enfants comme au pas lent des anciens. Une ville composite est respectueuse de chacun, accessible, gratuite et joyeuse, elle est horizontale, inventive et mystérieuse. »

Les gated communities (résidences fermées et sécurisées)
« Au nom de la sécurité, mais aussi des intérêts de classe et de l’homogénéité socioéconomique, des morceaux de quartiers se referment sur eux-mêmes, de gigantesques buildings se bunkerisent, des îlots se privatisent, des lotissements résidentiels sont réservés à une catégorie particulière d’habitants… Bref, la ville gratuite et accessible à tous, multiséculaire, affronte de nouvelles formes d’habitats sélectifs et ségrégatifs qui en contrecarrent les principes. »

Les grands projets :
Ils sont l’illustration, dans le domaine de l’urbanisme, d’une idéologie qui promeut le « toujours plus » au nom de la croissance et au détriment de la mesure. L’auteur décortique le projet du Grand Paris pour souligner à quel point il est inadapté :
« Au moment […] où la logique du rhizome – cette racine qui prolifère sans début ni fin –, qui s’appuie sur le numérique d’une part, et des pratiques sociales et communicationnelles inédites et fréquemment imprévues, d’autre part, concurrence l’ancienne logique du réseau – avec un point de départ, un terminus et des nœuds de correspondances -, les décideurs ont misé sur la création de deux fortes concentrations d’entreprises, d’universités, de laboratoires, qui exigent l’appropriation/stérilisation de terres particulièrement fertiles et la suppression de toute agriculture urbaine, la construction de nouveaux bâtiments pour accueillir une armée de chercheur(e)s, d’employé(e)s, d’étudiant(e)s […], le prolongement d’autoroutes ou de voies de RER ou de tramways, la multiplication de « navetteurs » (ceux qui font chaque jour la navette de chez eux à leur travail), le tout sans aucune concertation ni véritables débats publics »
Pour l’auteur, « Le « Grand Paris » aurait dû être pensé sur le modèle d’une fédération de biorégions à l’échelle européenne […] et non comme super-capitale franco-française. »

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https://surmesbrizees.wordpress.com/2015/02/17/desastres-urbains-les-villes-meurent-aussi-thierry-paquot/

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