environnement biodiversité Nature St Médard en Jalles la France détient le monopole européen de construction d’hypermarchés et de zones commerciales: 740 sur le territoire, soit environ 2 000 hypermarchés qui valorisent de leur conception paysagère innovante 8 millions de mètres carrés de terres anciennement agricoles... - Le blog de naturjalles.over-blog.com
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  • : Association de défense de l'environnement sur St Médard en Jalles et ses environs -Les atteintes à cet environnement sont pollutions de l'eau, air etc, urbanisation destructrice des espaces naturels parce qu'elle est non maitrisée et ne répond pas aux règles du développement durable: avant tout projet il faudrait une évaluation de son empreinte écologique NaturJalles voudrait voir appliquer le "Penser global, agir local" de Jacques Ellul
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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 22:46
la France détient le monopole européen de construction d’hypermarchés et de zones commerciales: 740 sur le territoire, soit environ 2 000 hypermarchés qui valorisent de leur conception paysagère innovante 8 millions de mètres carrés de terres anciennement agricoles...

Même si c’est en Norvège, au Luxembourg et en Estonie que la densité commerciale est la plus forte, la France tient le monopole européen de construction d’hypermarchés et de zones commerciales. Sachez-le, cher lecteur, l’hexagone ne produit pas que du fromage, du vin, des énarques et des moteurs diesel. Elle sait aussi les vendre dans des centres commerciaux (sauf les énarques). On en compte à peu près 740 sur le territoire, soit environ 2 000 hypermarchés qui valorisent de leur conception paysagère innovante 8 millions de mètres carrés de terres anciennement agricoles. Sans parler de leurs qualités architecturales qui font de nos entrées de villes de charmants préludes à l’extase des touristes.

Si l’on intègre toutes les surfaces commerciales possibles, c’est, depuis 2004, 3 millions au moins de mètres carrés de surface de vente nouvelles qui sont autorisés (mais pas forcément construits) chaque année. C’est un peu moins que la totalité des surfaces de bureaux vacantes en Île-de-France, mais cela représente quand même l’équivalent de 250 porte-avions Charles-de-Gaulle, ou 6 exploitations agricoles moyennes françaises. Cela, en dépit des documents obligatoires d’urbanisme aux noms divers, les PLU et autres Scot, censément très restrictifs, et malgré le manque, aujourd’hui reconnu par tous les élus, en terres agricoles. Des élus qui pleurent par ailleurs leurs entrées d'agglomération banalisées par ces monotones aires commerciales qu’ils ont pourtant eux-mêmes autorisées, avec tout ce qui va avec (rocades, bretelles, ronds-points etc.) Sans oublier les conséquences (on dit « externalités » en langage techno) environnementales liées à la transformation des sols bruns et des pâtures en parkings bleus.

On n’a jamais autant construit d’hypermarchés sur la terre de France que durant l’année 2013. Un million de mètres carrés… de surface de vente, auxquels il faut ajouter les parkings, les allées, les réserves, les entrepôts, les arbres, le gazon et les accès routiers. Comptez entre le double et le triple en surface réelle (le nombre exact est impossible à obtenir)…

Ces "hypers" prétendent "Réconcilier loisir, nature et commerce"

En 2016, c’est quelque 450 000 m² de surfaces neuves qui s’ouvriront pour le bonheur des consommateurs du dimanche, et plus de 300 000 m² de centres commerciaux qui auront été rénovés à surfaces égales. En tout, 30 centres commerciaux vont naître ou renaître cette année.

Près de Toulouse, Val Tolosa attendra un peu, car il a du mal : ce « grand parc paysager de 9 hectares, 2 000 arbres plantés et un lac » qui doit voir le jour en 2018 à l’ouest de Toulouse, au sud de la voie rapide vers Auch, ne déclenche pas il est vrai que des passions amoureuses. Pourtant, « Val Tolosa réconcilie nature, loisirs et commerces. En mettant au cœur de ses préoccupations le respect de la nature, Val Tolosa répond à un très haut niveau d’exigence environnementale tout en valorisant le paysage local. » On comprend mieux pourquoi les élus ont fait construire une nouvelle départementale et deux grands ronds-points. Ils sont tellement sensibles à la nature, ces grands émotifs.

[ A Europa City dans le triangle de Gonesse dans la région parisienne on pourra pousser son caddy en faisant du ski!]

Maîtres chez eux, les maires sont faciles à convaincre

Pourquoi tant d’appétit politique pour une telle étrangeté commerciale qui porte en elle la désertification des centres-villes et la menace de friches gigantesques portée par la faillite des centres commerciaux concurrents et moins armés ?

Eh bien… les élus, tout écolo-compatibles sont-ils, tous conscients de l’impérieuse nécessité de freiner l’étalement urbain, objectif quasi obligatoire des peu contraignants et très interprétables documents d’urbanisme issus du Grenelle de l’environnement (Scot, Plu etc.), veulent d’abord, avant même de penser à créer de l’emploi, chacun leur Ikéa, leur Auchan, leur UGC ou Pathé, leur Léon de Bruxelles et leur Leroy-Merlin. Car cela empêche leurs administrés d’aller dépenser le week-end leur argent sous les cieux d’une autre commune, même si ladite fait partie de la même agglomération. En plus, cela ramène beaucoup de taxes. Des millions d’euros. Et puis ça crée des emplois. Toujours moins que prévu, toujours aussi mal payés, du coup avec un turnover important qui masque la réalité, mais peu importe, finir son mandat avec un peu moins de clients de Pôle Emploi, on ne va pas cracher dessus.

Une réalité pourtant bien moins glorieuse dès lors qu’on retranche les emplois et chiffres d’affaires perdus à cause de l’asphyxie des commerces de centre-ville, du fait même des centres commerciaux qui aspirent le budget des ménages. « En France, 62 % du chiffre d’affaires du commerce se réalise en périphérie, contre 25 % en centre-ville et 13 % dans les quartiers. Si ce modèle se retrouve chez de nombreux voisins européens, le cas allemand peut être souligné : les élus locaux s’y appuient davantage sur une stratégie nationale privilégiant le centre-ville et le développement du commerce semble s’être effectué de façon plus harmonieuse – 33 % en périphérie, 33 % en centre-ville, 33 % dans les quartiers », peut-on lire dans un rapport de l’Assemblée de communautés de France, l’AdC (elle regroupe les intercommunalités, c’est-à-dire les communautés de communes, pour faire simple), un cri d’alarme poussé en 2012. L’avez-vous entendu ?

Paradoxal, schizophrène, mais finalement pas très étonnant que les commissions départementales d’aménagement commercial (CDAC), majoritairement composées d’élus locaux, rendent des avis positifs pour huit projets sur dix. Et même si la commission nationale (CNAD), plus équilibrée dans sa composition, est moins favorable (dans un cas sur deux), il suffit parfois aux projets retoqués d’être présentés différemment pour recevoir l’onction définitive. D’aimables publicités achetées aux magazines municipaux, des subventions inespérées aux associations de contestataires, la promesse de financer le club de foot et la fête des labours sont aussi d’efficaces lubrifiants pour débloquer la machine administrative. On ne parle pas de pot-de-vin, loin de moi cette pensée affreuse : juste de compensations constructives, de « social contributions », comme disent les Anglo-Saxons qui désignent ainsi cette huile mystérieuse qui dégrippe les rouages administratifs les plus indociles. N’oublions pas non plus que sans la pub des hypers, il n’y aurait plus de presse quotidienne régionale en France. Ils sont son premier annonceur.

Détenteur du pouvoir de signer ou pas le permis de construire, le maire est maître chez lui. Il est « un bâtisseur », ou rien. Et puisqu’il y en a près de 37 000, des maires (je rappelle que le nombre total de communes de l’Union européenne se monte à 90 000), et qu’ils n’ont pour la plupart pas beaucoup de sous, encore moins pour leur campagne de réélection, leurs bureaux sont souvent animés par les danseuses du ventre de l’immobilier commercial.

Les bretelles de Charasse ont battu les hypers

Comment résister, il est vrai ? La petite commune auvergnate de Puy-Guillaume a bien réussi ! C’est vrai, pas un hyper, que de la « petite cellule » (petits commerces). Mais c’est le seul exemple à disposition. La commune auvergnate a eu comme maire un certain Michel Charasse qui a su faire taire les sirènes et fermer les enveloppes. Un dangereux rebelle. « Si le bâton ne marche pas, on agite la carotte », racontent Jean Bothorel et Philippe Sassier dans leur livre (La Grande Distribution. Enquête sur une corruption à la française, François Bourin éditeur, 2005), cités par Libération le 8 février 2013. « Ainsi, Charasse a vu débarquer dans son bureau trois messieurs, tels les Dalton, venus le supplier de revenir sur son point de vue […], d’évaluer les avantages pour ses concitoyens. À court d’arguments, l’un d’entre eux a sorti une enveloppe kraft de sa serviette et l’a déposé sur le bureau du maire de Puy-Guillaume : "Sans se gêner, raconte Charasse, il me dit que j’en aurai bien l’utilisation. J’ai ouvert l’enveloppe. Elle contenait 500 000 francs [76 220 euros] en billets. J’ai regardé mes trois gus : "Ou il s’agit d’une tentative de corruption d’un officier judiciaire en exercice et, dans ce cas, j’appelle le garde champêtre et il notifie le flagrant délit ; ou c’est un don pour le bureau d’aide sociale de Puy-Guillaume et, dans ce cas, je vous fais un reçu." Ils ont bafouillé, complètement estomaqués : "Euh, oui… C’est un don. » J’ai signé le reçu […] et je les ai remerciés d’avoir donné une telle somme à mon bureau d’aide sociale. »

Les maires sont les premiers responsables de ce qu’ils dénoncent, mais la pression est très forte. Car les centres commerciaux rapportent beaucoup d’argent à leurs promoteurs.

En attendant l’explosion de la bulle, virons le maire et allons faire nos courses ailleurs

Comme la terre nue, l’immobilier commercial est, pour les investisseurs, une valeur refuge. En quelques années, le crédit est remboursé. Pas grâce à ce que qui y est vendu, mais à ce qui y est loué : aujourd’hui, plus de la moitié du chiffre d’affaires des propriétaires provient des loyers très élevés versés par les enseignes. Ainsi, qu’il y ait du monde ou non dans les rayons est moins important que le nombre de magasins. Et dans la mesure où les banques assoient les crédits sur les loyers escomptés, les promoteurs ont intérêt à multiplier les projets. Pour une autre raison : la rentabilité par mètre carré diminuant depuis des années, les grandes enseignes comme les propriétaires des centres commerciaux compensent en multipliant les points de vente. Ou quand le petit coiffeur de galerie commerciale qui fait faillite au bout de six mois, remplacé par une boutique à ongles qui n’ira pas plus loin, enrichit le gros promoteur parfois fiscalement expatrié. Le chiffre d’affaires global augmente en conséquence, ce qui permet à la fois d’écraser un peu plus les fournisseurs et d’afficher devant les actionnaires un joli taux de croissance « consolidé », quand bien même celui de chacun de leur magasin stagne ou chute. En langage commun, cela s’appelle une bulle.

---> Extraits de l'article

https://blogs.mediapart.fr/frederic-denhez/blog/040416/pourquoi-europa-city-est-une-connerie-mais-ou-sont-les-stars-deelv?utm_source=twitter&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-67

----> sur ce blog

http://naturjalles.over-blog.com/2014/05/beneficiant-de-permis-delivres-a-tour-de-bras-comment-la-grande-distribution-detruit-l-environnement-et-le-tissu-social-des-centres

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