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7 mars 2016 1 07 /03 /mars /2016 18:19
Environnement : la Gironde néglige son eau potable, aux assises de l'eau à Cestas, aucun des maires de Bordeaux métropole ou du bassin n'était présent...

Environnement : la Gironde néglige son eau potable

par Denis Lherm (Sud ouest 1-3-2016)

Les Assises de l’eau se tenait lundi à Cestas. La ressource est bonne, mais elle est souvent maltraitée.

Les maires des 542 communes de la Gironde étaient tous invités aux assises de l'eau, hier matin, à Cestas, dans la banlieue de Bordeaux, pour faire le point sur la gestion de la ressource. Sujet vital, sensible, mais qui n'a visiblement pas beaucoup intéressé les élus locaux.

Dans la salle du cinéma de Cestas, à peine une cinquantaine d'élus ont fait le déplacement. Mais aucun de Bordeaux Métropole, ou du bassin d'Arcachon, les deux zones du département qui pompent pourtant le plus dans les nappes d'eau potable… Un boycott difficile à comprendre. « On est un peu déçus, c'est pourtant un sujet qui concerne tout le monde », regrettait un élu local.

Syndrome de l'enfant gâté

Les absents ont eu tort car ces assises, organisées par l'Association des maires de la Gironde, ont permis de dresser un bilan très intéressant. Tout d'abord, ce que l'on sait depuis longtemps : posée sur des nappes profondes de bonne qualité, la Gironde bénéficie d'une eau de très bonne qualité. On prélève environ 290 millions de m3 chaque année, dont 43 % pour l'agriculture et 42 % pour l'eau potable. Mais ensuite, il y a ce que certains spécialistes appellent le syndrome de l'enfant gâté. Trop bien dotée en eau, la Gironde néglige et maltraite sa ressource.

Une étude du Syndicat mixte d'étude pour la gestion de la ressource en eau du département de la Gironde (Smegreg), présentée hier, évoque un « constat alarmant », avec plusieurs nappes d'approvisionnement déficitaires ou tout juste à l'équilibre. Dans un département qui accueille 15 000 nouveaux habitants chaque année, on prélève de plus en plus d'eau, avec des forages concentrés dans des secteurs sensibles.

Mauvais réflexes

« Le problème, c'est que les campagnes de sensibilisation que nous faisons ne marchent pas. Les gens font attention, mais dès que la pluie revient, on se remet à consommer autant. Or, les nappes profondes ne sont pas rechargées par la pluie. C'est de l'eau qui est tombée il y a des milliers d'années », indique Bruno de Grissac, directeur du Smegreg.

Entre 2005 et 2013, les opérations de sensibilisation ont néanmoins permis de réduire le prélèvement annuel en eau potable de 10 millions de m3. Mais comme, dans le même temps, la population s'est accrue de 120 000 personnes, la baisse nette de la consommation n'est que de 2 %. Les élus eux-mêmes n'ont pas toujours les bons réflexes : « Quand ils ont un problème d'eau dans leur commune, ils cherchent souvent une ressource de substitution, un nouveau point de captage, explique Anne-Laure Bedu, directrice du cabinet Presqu'île, animatrice des assises de l'eau. Or, ils doivent aussi penser à limiter le gaspillage. » Un élu de Langoiran a ainsi révélé que son réseau avait un rendement de 60 % seulement : 40 % de l'eau potable, perdue à cause des fuites, n'arrive jamais jusqu'au robinet !

Autre difficulté évoquée hier, la pollution (lire ci-dessous). On se souvient qu'en 2011, une pollution au perchlorate d'origine industrielle avait entraîné la fermeture de la source du Thil, à Saint-Médard-en-Jalles. Soit 15 % des approvisionnements de l'agglomération de Bordeaux. Aujourd'hui, ce sont les pesticides qui troublent les eaux de la Bardanne, près de Saint-Émilion, et du captage de la Sauque 2, à La Brède, devenu le seul captage d'eau potable de la Gironde devant être traité d'urgence pour des problèmes de produits phytosanitaires.

Quand les pesticides coulent dans le ruisseau

L’Agence de l’eau Adour-Garonne a dressé un constat alarmant de la qualité des eaux en Gironde. On y trouve de plus en plus de produits phytosanitaires, qui font partie des pesticides. À La Brède, le captage de la Sauque 2 est pollué aux pesticides, inscrit à ce titre au Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux comme devant être traité. Près de Saint-Émilion, le ruisseau de la Bardanne est l’un des points noirs de la carte de l’Agence de l’eau : c’est celui où l’on trouve le plus de produits phytosanitaires.

« C’est assez inquiétant, il y a une dégradation dans le département », note Marie-Claire Domont, chef d’équipe à l’Agence de l’eau. Cette dernière a expliqué aux élus que si 27 % des eaux de surface sont en bon état écologique, 60 % sont dans un état moyen et 12 % dans un état médiocre ou mauvais. Or, la directive-cadre en vigueur avait fixé comme objectif 100 % des eaux en bon état pour 2015. On en est donc loin. « Mais il faut être réaliste, l’ambition doit être revue à la baisse. Économiquement, cela ne suit pas et il faut du temps pour faire évoluer les mentalités. Dans certains secteurs, il faudra déroger aux objectifs, car la situation est trop dégradée », ajoute-t-elle.

Particuliers et agriculture

Pour détecter la présence de ces polluants dans les cours d’eau, l’Agence de l’eau s’appuie sur 247 stations de mesure (dans tout le bassin-versant Adour-Garonne). En 2014, environ 99 % des stations suivies présentaient au moins une détection de produit phytosanitaire. Concernant les eaux souterraines, les 400 stations de l’Agence de l’eau ont été ajoutées aux 1 020 points de contrôle des eaux potables de l’Agence régionale de santé. Résultat : en 2013, sur 1 420 mesures, 817 stations avaient au moins une molécule et 204 avaient un dépassement de la limite du bon état chimique. Parmi les principales molécules retrouvées, celles du glyphosate, un herbicide très utilisé, et le soufre pour pulvérisation.

La pollution aux produits phytosanitaires renvoie évidemment à l’agriculture, mais les particuliers sont aussi concernés. Ils utilisent des désherbants, parfois sans trop bien manier les proportions et n’hésitent pas à verser les restes dans le réseau d’eaux usées. Le problème est que ces micropolluants peuvent rester très longtemps dans l’eau. Comme l’atrazine, un pesticide interdit depuis 2003 dans l’Union européenne, mais dont on continue de trouver la signature.

D. L.

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