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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 17:44
Argumentaire de France Nature Environnement qui persiste à approuver le retour du loup mais ce retour se doit d'être accompagné d'une prise en charge par l’Etat de mesures de protection des troupeaux.


Le but de cet argumentaire n’est pas de nier la contrainte supplémentaire que représente le loup pour l’élevage, nous l’avons reconnue depuis le début. C’est pourquoi, nous persistons à approuver que le retour de ce grand prédateur s’accompagne de la prise en charge par l’Etat des mesures de protection des troupeaux. Cependant, l’impact de cette présence doit être relativisé et ne pas être utilisé pour masquer les principales difficultés de l’élevage ovin qui, ne l’oublions pas, persisteraient même sans loups... Or, le « loup bouc émissaire » existe : il représente un levier politique fort pratique pour certains syndicats agricoles et pour des élus démagogues et opportunistes. Nous passerons donc en revue les principales critiques faites à la présence du loup, après avoir répondu à la question clé :

« Pourquoi le retour du loup pose-t-il tant de problèmes en France ? »
Tout d’abord, parce que ce retour s’effectue après plus d’un demi-siècle d’absence. Entre temps, les éleveurs ont développé de nouvelles pratiques pastorales et les gestes ancestraux permettant de garder un troupeau en présence de grands prédateurs ont été oubliés (ou abandonnés par souci d’économie), à l’inverse de pays comme l’Italie ou l’Espagne où le loup n’a jamais disparu. Ensuite, parce que le loup revient dans un contexte fort difficile pour l’élevage ovin : il est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! De plus, l’espèce est toujours diabolisée. La peur du loup apparaît avec la christianisation : pour la religion de l’agneau, le loup est l’incarnation du mal. Aujourd’hui encore, notre représentation de l’animal est souvent irrationnelle et sans commune mesure avec la réalité. Le retour de cette espèce exterminée par l’homme semble ressenti comme un camouflet, d’autant plus que beaucoup d’opposants au loup continuent à nier la réalité et restent persuadés qu’il ne s’agit pas d’un évènement naturel mais d’une présence imposée par les « écolos citadins »...

« Si le loup a été éliminé par nos ancêtres, c’est qu’ils avaient de bonnes raisons ! »
L’histoire nous prouve, hélas, que nos actions passées ne sont pas une référence - loin s’en faut - et ne nous honorent pas forcément... Dans ce cas précis, le contexte socio-économique actuel n’a plus rien à voir avec celui des siècles passés. Aujourd’hui, l’élevage est largement subventionné (à environ 60 %) et le bétail tué par le loup est indemnisé ; ce n’était pas le cas du temps de nos ancêtres et la prédation du loup sur un petit élevage familial pouvait, il est vrai, poser de vraies difficultés à une famille de paysans. S’ajoutaient à cela, les peurs et les croyances populaires sur le loup dont on sait maintenant qu’elles n’étaient pas fondées. Le montant des primes attribuées pour chaque loup tué justifiait aussi grandement la vindicte paysanne : à la fin du 19e siècle, une prime équivalait à un mois de travail d’un paysan... de quoi trouver tous les défauts du monde à ce pauvre loup !

« Le loup met en péril le pastoralisme »
En 2006, la perte de 2500 brebis a été imputée au loup dans les Alpes, en sachant que le doute profite systématiquement à l’éleveur (voir Responsabilité du loup). Parallèlement, et toutes causes confondues (chiens, maladies, foudre, dérochements), on estime à 46 000 chaque année le nombre de moutons tués ou perdus à l’échelle des Alpes françaises sur un total de 850 000 bêtes (et environ 400 000 au niveau national sur un total de 9 millions).
Le loup peut, certes, être une contrainte de plus pour les éleveurs et les bergers mais il ne représente pas une menace économique pour l’élevage ovin qui doit faire face à des difficultés bien plus importantes :

  • D’abord, le contexte économique : la filière ovine, confrontée à la mondialisation des marchés et à la baisse régulière des cours de la viande, connaît une véritable récession. Les éleveurs français subissent une très forte concurrence de la Nouvelle-Zélande et de la Grande-Bretagne (celle-ci compte 40 millions de moutons contre 9 millions pour la France). La production française est en baisse depuis 20 ans et ne couvre plus que 40 % de la consommation totale de viande d’agneau (60 % de la consommation nationale sont donc importés). Sans les primes, qui représentent plus de la moitié du revenu des éleveurs, l’élevage ovin ne serait plus rentable. D’où la disparition progressive du métier de berger dont le coût ne peut plus être supporté par les petits éleveurs.
  • Ensuite, le contexte sanitaire : s’il est vrai qu’en 5 ans, de 1993 à 1997, la mort de 5000 brebis a été imputée au loup, les maladies ont provoqué bien plus de dégâts dans les troupeaux. : durant cette période, la seule brucellose ovine (maladie transmissible à l’homme) a occasionné l’abattage de 50 612 moutons contaminés dans la seule région PACA (les chiffres de cette maladie – heureusement en régression – ne sont plus publiés, c’est pourquoi, nous ne pouvons fournir ici de données actualisées). Le traitement de cette maladie a un coût pour la collectivité : 43,5 millions de francs en 1996. Les brebis abattues sont remboursées 64 € à l’éleveur. En cas d’attaque de loup, la moyenne des indemnisations est de 155 € par animal. La brucellose n’est pas la seule maladie de l’élevage, on peut aussi citer la tremblante ou l’agalactie contagieuse (4 500 brebis abattues en 1993 dans les Pyrénées), ou encore la langue bleue qui est en progression. Cet impact, nettement supérieur à celui du loup, n’est curieusement pas apprécié de la même manière... François Moutou, vétérinaire, remarque « qu’il serait dommage que l’énergie développée contre la présence du loup se fasse au détriment des actions sanitaires, nettement plus chères pour la société » (voir Coût des maladies de l'élevage). Le nombre d’animaux envoyé à l’équarrissage est lui aussi stupéfiant : 700 000 ovins-caprins en moyenne chaque année, en France, dont 12 000 dans les Alpes du Sud. Et ce chiffre ne tient pas compte des brebis mortes en montagne et qui ne sont pas redescendues.
  • Enfin, les chiens errants : le problème posé aux troupeaux - et à la faune sauvage - par les chiens en divagation (en France, il n’y a quasiment pas de chiens ensauvagés) est permanent et propre à toutes les régions. En extrapolant les études menées dans certains départements (74, 05,38 + enquête nationale de G. Joncour) avant l’arrivée du loup, on évalue à au moins 100 000 le nombre de moutons tués tous les ans par des chiens. Soit environ 15 000 à l’échelle des Alpes. Cependant, la façon d’estimer l’impact du loup, comparativement à celui des chiens, est influencé par notre imaginaire, l’inconscient collectif et notre relation à la nature. L’exemple des morsures de chiens est significatif de cette différence d’appréciation : la France enregistre chaque année, en moyenne, 200 000 cas de morsures de chiens sur les humains et il arrive même que des enfants soient tués. On ne met pas à mort pour autant tous les chiens ! En revanche, quand le loup tue quelques centaines de moutons (destinés à l’abattoir), on demande son éradication... On n’ose bien sûr imaginer le tollé que produirait une attaque de loup sur un homme !

« La prévention ne sert à rien, il est impossible de protéger les troupeaux des attaques des loups ! »
C’est faux. De nombreux exemples dans le monde entier prouvent le contraire (Italie, Espagne, Europe de l’Est, Nord-Ouest des Etats-Unis, etc). Dans le Wyoming et le Montana, par exemple, les éleveurs travaillent en présence de nombreux prédateurs : grizzly, loup, puma, coyote... et obtiennent d’excellents résultats grâce au gardiennage des troupeaux et aux chiens de protection. Depuis 1993, la protection des troupeaux a grandement évolué en France et a démontré son efficacité ; les attaques sont en baisse constante sur les troupeaux où la prévention est correctement utilisée.
En Savoie, 72 % des brebis dont la mort est attribuée au loup sont issues de troupeaux non protégé
s, 4 % seulement sont issues de troupeaux bien protégés (étude DDAF 2004). Rappelons que la protection des troupeaux est prise en charge au moins à 80 % par l’Etat et l’Europe (chiens patous, bergers et aides-bergers, clôtures électrifiées – voir le détail des aides) et que le gardiennage permet non seulement d’éviter les attaques des prédateurs mais aussi de lutter contre le surpâturage (lire à ce sujet notre dossier « pastoralisme et biodiversité») et de réaliser un meilleur suivi sanitaire des brebis.

« Les attaques n’arrêtent pas d’augmenter. »
Non, sur les massifs où le loup est installé depuis plusieurs années, les attaques n’augmentent pas, au contraire.

----->>> lire la suite sur

http://loup.fne.asso.fr/fr/sur-les-traces-des-predateurs/loup/argumentaire.html

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