environnement biodiversité Nature St Médard en Jalles La politique de compensation, un leurre au service des bétonneurs! Eviter/ Réduire/ Compenser issus de la loi de 1976 pour protéger la nature, seule la COMPENSATION est appliquée à l'avantage des bétonneurs - Le blog de naturjalles.over-blog.com
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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 21:45
 La politique de compensation, un leurre au service des bétonneurs! Eviter/ Réduire/ Compenser issus de la loi de 1976 pour protéger la nature, seule la COMPENSATION est appliquée à l'avantage des bétonneurs

La compensation des effets négatifs des aménagements est une préoccupation qui date, en France, de la loi sur la protection de la nature de 1976. La démarche se fonde sur la doctrine Éviter/Réduire/Compenser (ERC), qui s’applique aux conséquences dommageables d’un projet sur l’environnement et la santé, ainsi que sur l’estimation des dépenses correspondantes.

Cette doctrine demande en principe, de prouver en premier lieu que le projet en question ne peut être réalisé sur des zones moins sensibles écologiquement, qu’il est réellement nécessaire et ne pourrait pas être simplement annulé. Ensuite (étape « réduire ») le projet est censé réduire autant que possible ses impacts. L’étape « compenser » ne devrait être que le dernier recours. En fait, les deux premières étapes sont le plus souvent négligées.

Ces mesures de compensation devraient aussi être adoptées au préalable de l’exploitation, mais en réalité, elles restent souvent théoriques, comme souligné dans le rapport de Berthelot et al. (2011).

Un marché juteux !

Concernant le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, sous couvert d’ingénierie écologique, le bureau d’études Biotope a mis en place une méthode de compensation faisant croire à une restauration rapide et prévisible des écosystèmes. Cette hypothèse laisse supposer une possible compensation de la destruction des habitats naturels et des espèces qu’ils abritent, ouvrant ainsi la possibilité de réaliser n’importe quel projet (voir une partie des mesures proposées en compensation pour la déviation routière de St Aubin du Médoc (1))

La justification de cette politique de la compensation n’est pas étonnante de la part de certains bureaux d’études car le filon peut s’avérer lucratif. En effet, ces structures sont rémunérées tout au long des procédures : diagnostic de l’état initial, justification des projets, évaluation des impacts, estimation du besoin compensatoire, recherche et mise en place des mesures compensatoires jusqu’aux suivis pluriannuels après travaux. On comprend alors tout l’intérêt qu’ont ces structures privées pour pérenniser ce marché même si leurs méthodes et les modes de compensation sont invalidés par des experts scientifiques. De surcroît ils se font passer pour des protecteurs de la nature !

Des résultats calamiteux !

Cette hypothèse de compensation basée sur la restauration rapide d’habitats, a été remise en question par une analyse internationale réalisée par l’équipe de Curran et al. (2014) : ces chercheurs ont évalué la robustesse des arguments ayant justifié les politiques actuelles de compensation. Les cas de cette étude démontrent que la restauration de milieux impliquait des délais extrêmement longs et que le taux de succès était plutôt faible.

L’analyse de ces chercheurs est basée sur les données de 108 études relatives à des « habitats secondaires » (habitats restaurés après une très forte perturbation) et des « habitats naturels anciens».

Au total, ces études couvrent 1228 sites « d’habitats secondaires » et 716 sites « d’habitats naturels anciens ». Seules trois de ces études portent sur des sites européens, la majorité concernant l’Amérique centrale et du Sud et l’Asie du Sud-Est.

Ces scientifiques se sont basés sur des indicateurs de biodiversité classiques afin d’évaluer la qualité biologique des sites étudiés. Ils ont modélisé l’évolution de la biodiversité en relation avec l’âge de l’habitat testé pour évaluer :

  • si la biodiversité de l’habitat passivement et activement restauré convergeait au fil du temps vers la biodiversité des « habitats anciens »,
  • si la restauration active accélérait le processus de restauration,
  • si les politiques de compensation étudiées étaient appropriées à l’imprévisibilité (inhérente à la nature) et aux délais de restauration des habitats.

Dans le meilleur des cas, c’est-à-dire en excluant les risques d’échec qui sont importants dans ce type d’opération, les résultats indiquent que la richesse en espèces[1] ne converge vers les valeurs de référence des « habitats naturels anciens » qu’au terme d’un siècle. Le développement de l’ensemble des espèces caractéristiques d’un milieu prend environ deux fois plus de temps, et son optimum ne serait atteint qu’après une durée de l’ordre du millier d’années !

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https://naturalistesenlutte.wordpress.com/2015/02/20/la-politique-de-compensation-un-leurre-au-service-des-betonneurs/

1-http://www.sepanso.org/gironde/IMG/pdf/contribution_sepanso_ep_defrichement_taillan-medoc-v1.2.pdf

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