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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 21:18
C'est l'été, mais Simon Charbonneau nous rappelle "la puissance de la nature" qu'il est difficile de dompter! Inondations, érosion marine: le retour du refoulé

INONDATIONS, ÉROSION MARINE : LE RETOUR DU REFOULÉ par Simon Charbonneau (pour Naturjalles avec son autorisation)

Les intempéries actuelles (Simon Charbonneau a écrit cet article cet hiver et l'été semble s'annoncer sous les auspices d'orages plutôt violents...) semblent tout d’un coup faire prendre conscience à l’opinion de l’incontournable puissance de la nature. Comme si cette opinion se réveillait brutalement d’un long sommeil, découvrant soudain sa vulnérabilité vis à vis de désordres naturels qui ont toujours existé, mais qui aujourd’hui occupent dorénavant une nouvelle place dans l’espace médiatique. A vrai dire, ce long sommeil a été celui des fameuses « trente glorieuses » et au delà, pour les quelles, on peut le dire sans exagérer, la nature avait disparu de son agenda. Car, comme le souligne un ouvrage universitaire récent1, le bilan des ravages écologiques provoqués par cette glorieuse époque, perçue aujourd’hui avec nostalgie par les adorateurs des taux de croissance, n’a pas été encore fait. Appartenant à une génération qui l’a vécu douloureusement comme beaucoup de pêcheurs, chasseurs et naturalistes, je peux effectivement témoigner de la disparition de la nature dans l’imaginaire collectif, du côté des décideurs comme de celui des citoyens. C’était l’époque où les communes coupaient les platanes de leurs places pour faire des parkings, tandis que les ingénieurs des Ponts et Chaussés faisaient de même le long de nos routes ombragées pour les élargir au profit de la nouvelle DS automobile ! Où tout le monde ignorait la pollution des rivières car il s’agissait « de la fatalité du Progrès » !

De son côté, pour moderniser notre agriculture paysanne jugée archaïque, les bulldozers du remembrement entraient en action pour bouleverser des paysages lentement façonnés par la main de l’homme qui alors ne disposait pas des moyens techniques pouvant les faire disparaître2. Qu’importait alors les cris de quelques lanceurs d’alerte solitaires, il fallait foncer vers l’avenir radieux de la modernisation de la France ! Toute objection était alors rejetée avec mépris : vous voulez donc revenir au Moyen Âge ?? C’est ainsi que notre côte aquitaine a vu fleurir de multiples constructions de Soulac à Hendaye en passant par Lacanau avec son Océanide initiée par la MIACA au début des années 70, alors même que déjà les blockhaus de l’organisation Todt commençaient à glisser lentement dans les flots de l’Océan.

Ailleurs, les plaines inondables de la Garonne, de la Dordogne, de l’Adour et des Gaves voyaient progresser inexorablement l’urbanisation, la mémoire des risques naturels s’étant effacée de la tête des hommes. Il suffisait pourtant de se référer à la crue de la Garonne en 1930 pour imaginer le désastre représenté par un tel scénario pour la zone commerciale de Tartifume, le secteur de Latresne, de Bordeaux Nord ou du bec d’Ambes que l’on a laissé coloniser par l’industrie et les grandes surfaces dans l’inconscience la plus totale. Il est vrai que le rythme des agendas électoraux n’est pas celui de la nature !

Aujourd’hui donc, dans tous les domaines tant économique que social et écologique, nous voilà donc arrivé au bout du chemin, car dorénavant il va nous falloir compter avec la puissance de la nature que nous avions oublié, aveuglés par celle de la Technique qui nous avait donné l’impression d’en être émancipé pour toujours. Désormais, les comptes sont faits et il nous falloir commencer à passer à la caisse, dès aujourd’hui pour la génération actuelle, et demain pour la prochaine. C’est à dire, non seulement réparer les dommages actuellement émergents et surtout prévoir ceux à venir engendrés par le réchauffement climatique que nous continuons à alimenter par notre mode de vie insoutenable. Pour tous ceux qui aiment et respectent la terre, il s’agit là d’une tâche immense, peut être d’ailleurs au dessus des forces de l’humanité, mais qui devrait être considérée comme une priorité absolue nous obligeant à sortir urgemment la tête actuelle du guidon.

Simon CHARBONNEAU

1 Céline PESSIS, Sezin TOPCU et Christophe BONNEUIL : Une autre histoire des « trente glorieuses » : modernisation, contestations et pollutions dans la France d’après guerre. Editions La Découverte 2013.

2 Voir le témoignage de mon père récemment réédité : Tristes campagnes. Editions Parangon 2013.

- Edito de Sud ouest Nature n° 162 hiver 2014, revue trimestrielle de la SEPANSO

http://www.sepanso.org/index.php

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