environnement biodiversité Nature St Médard en Jalles Histoire de porcherie, Enquête publique pour une extension de porcherie industrielle à St Symphorien, rapport de Naturjalles - Le blog de naturjalles.over-blog.com
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  • : Association de défense de l'environnement sur St Médard en Jalles et ses environs -Les atteintes à cet environnement sont pollutions de l'eau, air etc, urbanisation destructrice des espaces naturels parce qu'elle est non maitrisée et ne répond pas aux règles du développement durable: avant tout projet il faudrait une évaluation de son empreinte écologique NaturJalles voudrait voir appliquer le "Penser global, agir local" de Jacques Ellul
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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 15:24
Histoire de porcherie, Enquête publique pour une extension de porcherie industrielle à St Symphorien, rapport de Naturjalles

Objet : EP sur la demande de M le président de la SAS Le Lay en vue d'obtenir l'autorisation d'augmenter les effectifs de son élevage de porcs à 11 602 animaux équivalents à La Trougne St Symphorien ainsi que la révision à la hausse des surfaces du plan d'épandage sur les communes de St Symphorien, Bourideys et Sore pour le lisier et à Parentis en Born, Lüe et Commensacq pour le compost

Le résumé non technique nous apprend que la SAS Le Lay est passé en 2005 de 5100 animaux à 7655 et souhaite maintenant passer à 11 602 animaux : un tel élevage ne peut être qu'intensif et industriel (reproduction du même système mis en place en Bretagne) sans égard pour le bien être animal, qui est considéré comme l'équivalent de protéines sur pattes et n'est plus considéré comme un être vivant.

Ce résumé non technique nous apprend que pour des raisons d'économie et de coûts, la sciure est abandonnée pour mettre les animaux sur caillebotis intégral (il s'agit donc d'un élevage hors sol), ce résumé dépeint un univers concentrationnaire de cet élevage porcin, 12 bâtiments, 2 quais d'embarquement, 6 fosses de stockage d'effluents, 1 plateforme de compostage...

L'élevage conduit 800 truies produisant 19 000 porcelets par an, et engraisse 15 000 porcs charcutiers, les porcelets sont logés sur caillebotis intégral fil (béton et métal). Des ventilateurs permettent l'extraction de l'air, des néons éclairent les animaux.

La salle d'engaissement (bât EA) 455 porcs sur caillebotis intégral sont répartis entre 32 cases soit 14 bêtes par cases de quelle surface ? Non inndiquée !

L'air vicié est extrait par des cheminées : une préfosse de 60cm de profondeur recueille les effluents. Les bâtiments EB à EG (soit 6 bâtiments) offrent 3590 places d'engraissement soit 598 bêtes par bâtiment.

L'alimentation : très étudiée dont tourteaux de colza, tournesol et soja pour les protéines proviennent des SCEA voisines ! La fabrique d'aliments est une véritable usine consommant eau et énergie d' une puissance de 122,2kw, un broyeur de 22kw, des mélangeurs, 89,7Kw pour des élévateurs, les machines à soupe consomment 4,5kw et 7,5kw. L'alimentation est riche en phytases afin de réduire le phosphore dans leur alimentation

Les animaux produisent environ 13 585m3 de lisier par an, pour 58 242 kg d'azote : une partie du lisier est épandu sur du fumier de cheval pour être composté ; le reste du lisier subit un autre traitement : riche en azote et phosphore

8367m3 est à épandre ! Trois exploitations SCEA de Liposthey et Labouheyre prennent le « compost » et quatre autres SCEA utilisent le « lisier » en épandage sur 413,32ha suivant la directive « Nitrates » (arrêté du 12 juillet 2011)

Ce projet d'agrandissement permettra d'engraisser « tous » les porcelets produits à la « ferme » (usine devrait-on dire) et à une augmentation de l'effectif des truies qui passerait de 800 à 840

Le projet se présente comme pratiquant de bonnes pratiques agro-environnementales, mais ce nouvel effectif produira 19 697m3 de lisier par an (au lieu de 13 585m3) pour 91 453kg d'azote et 53 009kg de phosphore et nécessitera une superficie d'épandage de 957,69 ha (superficie d'épandage doublée)

L'étude d'impact indique que cette « usine » à production de protéines fonctionne avec 7 employés et un gérant !

Eaux superficielles :

Que 11 captages d'alimentation en eau potable sont présents dans le secteur d'étude

mais ajoute que l'épandage du lisier ne se trouve pas dans le périmètre de protection de ces captages !

Que l'aire de ce projet est entouré de fossés de drainage, que les plans d'épandage sont situés sur les bassins versant de la Hure qui traverse St Symphorien ,du Ciron et de la Leyre(la Leyre se jette dans le Bassin d'Arcachon), le Canteloup

Faune et flore : absence de faune et flore particulière !

Alors que Saint Symphorien est situé dans le « Parc Naturel Régional des Landes de Gascogne » et est classé en « zone vulnérable »

L'autorité environnementale signale « qu'aucune investigation sur les espèces animales ne semble avoir réellement eu lieu » alors que le périmètre étudié recense des zones à inventaire :

- 6 ZNIEFF : sur les rives NE et SE de l'étang de Biscarosse (ZNIEFF Type 1), une ZNIEFF type 2 : la vallée du Ciron – les lagunes de St Symphorien (puits de biodiversité) et les vallées de la Grande et Petite Leyre

- une ZICO(oiseaux) le camp militaire du Poteau

- Des zones Natura 2000 : Champ de tir du Poteau, lagunes de Saint Symphorien, vallée du Ciron, vallée de la Grande et Petite Leyre

Mais ces Zones ne sont proches que des aires d'épandages ! (entre 0,3km et 0,5km) et à 2, 2km du site d'élevage


Sols et cultures des SCEA recevant épandage et compost :

Un examen topographique et une étude pédologique indique que le sol des terres destinées à l'épandage est en grande partie du podzosol sableux (excellent pour laisser passer les pollutions) quant aux parcelles agricoles recevant le lisier ou le « compost » certaines cultivent outre le maïs, des bulbes, des carottes et pois de printemps...

Un article de Sud ouest du 14-7-12 nous apprend que La Leyre est fortement polluée par des pesticides utilisés en culture de carottes et bulbes et tout ça arrive dans le Bassin d'Arcachon...

Cette étude fait l'impasse sur les bruits, sur le trafic routier en n'annonçant que 3 camions de plus par semaine ! Mais on ignore le nombre actuel !

Fait l'impasse sur les émissions gazeuses dont l'ammoniac évacué par les cheminées, celui-ci en retombant sur le sol forme l'azote qui donne ensuite le nitrate :

Ces élevages sont fortement émetteurs d'ammoniac, de méthane, de protoxyde d'azote et de particules en suspension(PM10) : ce système d'élevage est anti durable outre les pollution des sols , de l'eau, ils intensifient le changement climatique en rejettant beaucoup de gaz à effet de serre : le méthane et le protoxyde d'azote sont respectivement 25 fois et 298 fois plus puissants que le dioxyde de carbone (GIEC)

Plus de cochons entraine plus de lisier et donc plus de pollutions, en France 95 % des porcs sont élevés « hors sol » c'est à dire sur caillebotis et dans des bâtiments fermés, ce type d'élevage fragilise les animaux qui nécessitent des soins vétérinaires : antibiotiques en prévention (c'est ainsi que les bactéries mutent, le staphylocoque anti résistant à la méthycilline ou SARM est évacué par les cheminées et peut contaminer les alentours jusqu'à 3 km)

Les excédents de lisier(plus que les plantes ne peuvent absorber) s'infiltrent dans les sols et s'écoulent dans les rivières et arrive jusqu'à la mer, ici jusqu'au Bassin d'Arcachon !

D'autant que les ruisseaux : La Hure a un objectif de bon état chimique et écologique à atteindre d'ici 2021 (des analyses montrent que ses eaux sont riches en phosphore venant du lisier), la Leyre et le Canteloup pour 2015, sous entend que leur état écologique n'est pas bon et riche en nitrates, pesticides etc

Ce projet d'extension n'a pas été soumis au CODERST, alors que le projet de 2005 pour passer de 5000 à 7000 animaux, avait été soumis au CODERST, l'annexe VII* nous révèle par une lettre de la SA LeLAY à l'inspecteur des installations classées : que la société Le Lay s'engageait (lettre datée du 9 nov 2004) à

1- supprimer la totalité de l'épandage de lisier dans les 5 ans et pour ce faire, obtenir un compost par un mélange de paille, canne de maïs ou déchets verts

2 – à ne plus demander d'augmentation du nombre de porcs sur l'élevage

Que constatons-nous 8 ans après ? le lisier est en augmentation très nette 19 697m3 de lisier par an (au lieu de 13 585m3) pour 91 453kg d'azote et 53 009kg de phosphore ce qui nécessitera une superficie d'épandage doublée de 957,69 ha .

Donc plus de pollutions dans les sols et les eaux, il faut aussi rajouter aux médicaments, les désinfectants utilisés comme par exemple le DEPTAL CSM nettoyant moussant dangereux ! Tous bactéricides, fongicides : une dératisation est aussi nécessaire.

Le projet se réfère à l'arrêté du 16-1-2003 mais nulle part ne sont indiquées les conditions de bien être animal comme par exemple un couchage confortable et sec pour les animaux qui sont prévus sur cailleboutis intégral béton et métal, les animaux doivent aussi avoir accès à une quantité de matériaux permettant des activités de recherches et de manipulation tels que paille, foin, SCIURE de bois, ou un mélange de ces matériaux. Comment seront pratiquées castration et section de la queue ? opérations qui doivent se pratiquer sous anesthésie, outre des antibiotiques, des tranquillisants peuvent être administrés aux animaux... On sait tous que ces produits se retrouvent dans la viande, c'est ainsi que les bactéries développent une résistance aux antibiotiques et au plus fort d'entre eux la méthycilline (voir le SARM)

La base de données OROBNAT ne recherche même pas la présence de nitrates dans l'eau potable

Naturjalles se prononce absolument contre ce projet d'agrandissement, le jugeant aberrant, menaçant gravement la biodiversité, source de pollutions dangereuses pour notre santé et l'environnement en accentuant le changement climatique par le méthane, Naturjalles trouve également que ce type d'élevage intensif, industriel est cruel pour les animaux. Il serait meilleur pour la santé des consommateurs et les animaux d'encourager les élevages de porcs sur paille et en plein air, ce qui économiserait la consommation d'énergie et réduirait considérablement les GES et les risques de pollution pouvant porter atteinte à notre santé !

Ce type d'élevage intensif a montré ses limites, Naturjalles ne comprend pas que la SA Lelay choisisse ce type de développement avec tous les effets négatifs énumérés ci-dessus.

Pour Naturjalles

Françoise Couloudou

* reférence annexe 1 page 22 intitulée Annexe 7

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